Un mail bâclé se voit avant même la première phrase
Bien avant d'évaluer l'orthographe d'un courriel ou d'une lettre, un lecteur exigeant juge sa formule d'appel et sa formule de politesse finale : ce sont les deux passages les plus figés de l'écrit professionnel, et donc ceux où une erreur se remarque le plus immédiatement.
La formule d'appel : virgule, jamais d'abréviation
La formule d'appel s'écrit toujours suivie d'une virgule, jamais d'un point. Les titres de civilité qu'elle emploie prennent une majuscule et ne s'abrègent jamais, puisqu'on s'adresse directement à la personne. Quand le destinataire n'est pas identifié (courrier à une organisation), la forme neutre à utiliser est « Madame, Monsieur, », jamais la formule « à qui de droit », jugée datée et déconseillée dans la correspondance administrative moderne.
Juste : « Madame, Monsieur, » / « Madame la Directrice, » Fautif : « Mme, M., » / « À qui de droit, »
« Cher », « Chère » : réservé à un destinataire connu
L'adjectif « cher » ou « chère » dans une formule d'appel suppose une relation déjà établie avec le destinataire : il est déconseillé pour un premier contact ou une correspondance formelle avec un inconnu, où « Madame, Monsieur, » reste la forme la plus sûre.
Juste (destinataire connu) : « Cher Monsieur Dupont, » À éviter pour un premier contact formel : « Cher Monsieur, » adressé à un inconnu
La formule de politesse finale : plus brève à l'écrit électronique
Un courriel professionnel appelle en général une formule de politesse plus courte que celle d'une lettre papier, sans que cela soit un manque de respect : « Cordialement », « Bien cordialement », « Salutations distinguées » suffisent dans la plupart des échanges courants. Les formules longues de la lettre traditionnelle restent cependant tout à fait admises pour un premier échange ou une communication officielle.
Juste (courriel courant) : « Cordialement, » Juste (communication officielle) : « Je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de mes salutations distinguées. »
« Pallier » et les pléonasmes qui trahissent un relâchement
Le verbe « pallier » se construit sans préposition (on pallie quelque chose, jamais « à » quelque chose) : c'est l'une des fautes les plus fréquentes de l'écrit professionnel, y compris chez des rédacteurs expérimentés.
Juste : « Il faut pallier ce manque de personnel. » Fautif : « Il faut pallier à ce manque de personnel. »
Dans le même registre, certains pléonasmes trahissent un style rédigé trop vite : « au jour d'aujourd'hui » (« aujourd'hui » signifie déjà « au jour d'hui »), « monter en haut », « descendre en bas », « prévoir à l'avance », « voire même ». Préférez la forme simple : « aujourd'hui », « monter », « descendre », « prévoir », « voire ».
Une dernière relecture ciblée
Avant d'envoyer un document professionnel, isolez trois éléments : la formule d'appel (virgule, pas d'abréviation, « Madame, Monsieur » si le destinataire est inconnu), la formule de politesse finale (adaptée au support), et une recherche rapide de « pallier à » ou d'un pléonasme dans le corps du texte.
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